Certificats de virginité et réfection d'hymen

A la mémoire de Nadia H.

 

Introduction
Le travail qui suit a été présenté dans un colloque international organisé par les " Femmes Prévoyantes " en avril 2009 sur le thème : " A qui appartient le corps des femmes ? ".
Il m'avait été demandé de développer une réflexion au départ de questions problématiques rencontrées dans ma pratique de gynécologue, en rapport avec le thème du colloque.
J'ai choisi de focaliser mon attention sur la seule question de la virginité (bien d'autres sujets auraient pu être abordés aussi tels que l'acharnement dans la procréation, la soumission du corps maternel aux nécessités du fœtus lors de la grossesse et de l'accouchement, etc.), afin d'apporter à mon propos toutes les informations et nuances qu'il mérite.

Dans ma pratique de gynécologue, je suis amenée (hormis quelques pathologies plutôt rares) à me préoccuper de la virginité et de l'hymen dans trois circonstances :

1. Dans le cadre d'un certificat médico-légal suite à des attouchements ou à un viol dénoncés par la patiente ou par son entourage.
2. Suite à une demande de certificat de virginité exprimé par une jeune femme, soit de sa propre initiative, soit à la demande de tiers.
3. Dans le contexte d'une demande de plastie de " réfection" de l'hymen.

La première circonstance énoncée justifierait à elle seule de larges développements, mais je la laisserai de côté pour m'intéresser au problème posé par les certificats de virginité et les réfections d'hymen qui, dans mon expérience, ne se sont exprimées que pour des femmes appartenant à la culture de l'Islam.

Si l'on examine la littérature médicale, les articles publiés dans les médias et les opinions exprimées sur des forums d'Internet, l'on découvre que le problème des certificats de virginité et de la réfection d'hymen s'est posé depuis longtemps de façon très sporadique mais que depuis une petite dizaine d'années, cette question a pris une dimension bien plus importante et a donné lieu à de nombreux débats.

Le G.G.O.L.F.B (Groupement des Gynécologues Obstétriciens de Langue Française de Belgique) a réalisé en 2007 une enquête auprès de ses membres à propos de la confrontation à des cro-yances ou demandes étrangères à notre culture dite occidentale.

- 807 questionnaires ont été envoyés et 254 réponses analysables furent reçues soit 32%, mais ces 32% de réponses représentent, selon certains indices comme le nombre d'accouchements réalisés et le nombre de contacts-patients, une frange très active des gynécologues belges francophones.
Cette enquête nous apprend qu'en 2007, 310 demandes de certificats de virginité et 238 demandes de réfection d'hymen ont été adressées aux gynécologues dans la partie francophone du pays.
- Ces chiffres doivent donc être majorés si l'on tient compte des gynécologues francophones qui n'ont pas répondu à l'enquête, de leurs homologues néerlandophones (non consultés) et des généralistes travaillant en planning familial.

Virginité ?
Cette notion de " virginité " nous paraît étrange, voire étrangère…nous avons tendance à penser : " Mais de quoi est-il question ? "

Il n'est pas rare que des jeunes filles autochtones viennent me consulter pour me demander si elles sont encore vierges…Ma réponse est invariablement :- " C'est vous seule qui avez la réponse à cette question. Un examen gynécologique n'aurait aucun sens pour vous renseigner ". Mais, justement, la réponse elles ne l'ont pas, dans la confusion où elles sont de savoir si les jeux sexuels auxquels elles ont joué sont de nature à les déposséder de leur " qualité " de vierge.

Si la virginité prénuptiale est une notion socialement désuète dans nos sociétés occidentales d'aujourd'hui, n'oublions pas que cette norme n'a évolué pour nous que relativement récemment.
Avant les années 60, en France, la virginité des jeunes filles au mariage était encore considérée comme " très importante " par 80% des personnes.1

Dans les années 70, l'évolution des sensibilités conduit à la modification du point de vue sur la liberté sexuelle des femmes hors du mariage…

Aujourd'hui, si la norme de virginité n'est plus dominante, la liberté sexuelle n'en est pas pour autant vécue sans contraintes : un grand nombre de jeunes filles ne reconnaissent avoir eu qu'un seul partenaire sexuel.

Lors d'un colloque récent consacré à ces questions2, Patricia Barlow, obstétricienne au C.H.U. St Pierre (Université Libre de Bruxelles), déclarait en boutade : " Dans notre société, une jeune fille vierge n'est jamais qu'une jeune fille bien élevée ".

Cas particulier de la minorité musulmane dans nos sociétés
Méfions-nous d'établir des raccourcis en stigmatisant trop facilement la position de l'Islam à l'égard des femmes.

L'importance de la virginité prénuptiale n'est pas spécifique au monde musulman.
Le Coran, textuellement, ne parle pas de la virginité et seules des interprétations du texte ont fait émerger cette notion.
Dans tout le bassin méditerranéen cette norme est respectée par des populations de religions très différentes : Italie et Espagne catholiques, Grèce orthodoxe… dans bien d'autres régions du monde aussi, d'ailleurs.
L'Église Catholique a conféré une valeur mystique à la virginité.
L'Islam classique n'était certes pas plus misogyne que la religion catholique de la même époque: les femmes y jouissaient d'une certaine autonomie, de droits multiples et participaient à la vie de la cité.3

Après le XVIème siècle, l'évolution de l'Islam se fait vers une augmentation des contraintes juridiques, sociales et culturelles, d'une régression des arts et des sciences au profit d'une théologie plus dogmatique.
Dans un tel contexte, la situation de la femme ne va pas manquer de se dégrader.4

Sur la question de la place et de la situation de la femme, la religion n'est pas la seule ni la meilleure grille de lecture car l'évolution de la société civile est plus importante et plus déterminante5 : il est intéressant, par exemple, de noter que sous la pression de législations d'inspiration laïque, le droit de vote fut accordé aux femmes dans des pays musulmans bien avant qu'il ne le fût dans certains pays d'Europe (en 1934 en Turquie - avant la France- et en 1956 en Tunisie- avant la Suisse!6).
L'évolution des pays musulmans vers un radicalisme islamique et une emprise du religieux sur le civil ne s'est faite, hélas, qu'au mépris des droits des femmes et au renforcement du patriarcat (comme ce fut le cas, par exemple, en Iran).

" Dans les sociétés patriarcales les femmes sont instituées principaux agents d'application des préceptes et des normes, même lorsque ceux-ci sont contraires à leurs intérêts… Impuissantes ou complices, les mères, les tantes, les marieuses ou les voisines, s'acquittent le plus souvent de leur charge de gardiennes de l'honneur de la famille et donc de leurs filles, sous peine de mettre en cause leur identité de femme et leur propre place dans le système familial et culturel.
En situation d'immigration, le modèle familial traditionnel, privé de son assise culturelle et environnementale se trouve fragilisé et conduit souvent par réaction à un repli sur soi et sur les traditions. Les mères, et les filles, se trouvent prises au piège de la solidarité familiale et de la nécessité de défendre une identité culturelle collective, même si ce qui est en cause n'est en fait qu'une culture décontextualisée, bricolée à partir de traits isolés et déformés de la culture des origines. Même si, encore une fois, et comme toujours, elles se trouvent acculées à défendre cela même qui les oppresse. "7

Il y a une vingtaine d'années, les filles issues de l'immigration maghrébine n'hésitaient pas à jouer un rôle hors de la famille et à occuper l'espace public. Bonnes élèves, elles réussissaient à l'école, travaillaient à l'extérieur et n'avaient pas peur de s'exprimer et de revendiquer des droits.

Depuis une dizaine d'années, le chômage et la précarité ont modifié cette situation : l'inactivité des pères (mis à la retraite ou licenciés), le manque de perspective d'emploi pour les fils, leur décrochage scolaire dans une société qui les marginalise, tout ceci a concouru à la dégradation de la situation sociale de ces familles et la première conséquence de cette dégradation a été le renforcement du contrôle exercé sur les filles par les hommes (père et surtout frères) avec, d'ailleurs, d'autant plus de sévérité que le statut des hommes à l'extérieur du foyer était contesté ou dévalorisé.

" Rois au sein de la cellule familiale et inexistants dehors… n'ayant aucune emprise sur l'exclusion subie… les garçons se sont retournés par réaction non pas contre la société… mais contre les sœurs et l'ensemble des filles en exerçant leur oppression dans l'espace géographique réduit qu'est la cité, le seul qu'ils ont l'impression de maîtriser. "8

L'honneur de la famille repose donc désormais et quasi exclusivement sur 
" l'honneur des filles " c'est-à-dire, leur virginité et leur soumission aux règles patriarcales… pire encore, la virginité des filles semble devenir l'emblème de l'honneur et de la virilité des garçons et le défaut de virginité équivaut à l'impuissance masculine et au déshonneur.

De la virginité à l'hymen
Tout ce qui précède amène la question du lien à établir entre la virginité et l'hymen.

Deux ouvrages remarquables ont été rédigés sur la question de la virginité :

En 1987, Giulia Sissa, anthropologue, spécialiste de l'antiquité grecque et latine, publie " Le corps virginal ", une étude sur la virginité féminine (et plus particulièrement celle de la Pythie) en Grèce durant l'Antiquité.
Elle montre que la conception grecque de la virginité est totalement étrangère à la notion de l'hymen et donc à l'idée de vérification anatomique.
La virginité de la prophétesse est sa disponibilité et ce qui rend possible la réception du dieu " la virginité est un jardin secret, la virginité est une fontaine scellée ".9

Plus récemment, Hanne Blank10 nous présente dans " Virgin, The Untouched History "11 une histoire révolutionnaire et édifiante de la virginité en Occident.
Étudiant la façon dont l'être humain a construit le concept de la virginité (presque toujours féminine et hétérosexuelle) Blank démontre sa soumission à des impératifs patriarcaux et politiques. Elle souligne aussi des faits stupéfiants: la virginité ayant toujours été symbolisée par la couleur blanche en Occident, les occidentaux en sont arrivés à considérer les personnes de couleur comme sexuellement immorales ! 
L'auteure fait valoir que la culture contemporaine est aussi obsédée par la virginité que la culture du passé. C'est un livre soigneusement documenté, argumenté et bien écrit avec un sens de l'humour subtil.

L'association entre la notion de virginité et le contrôle quasi policier de l'hymen fut dénoncé à de nombreuses époques par des esprits ouverts.

Je citerai ici un extrait de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert où Buffon, le grand naturaliste, s'exprime en ces termes12 : " Les hommes, jaloux des privautés en tout genre, ont toujours fait grand cas de ce qu'ils ont cru posséder exclusivement et les premiers ; c'est cette espèce de folie qui a fait un être réel de la virginité des filles. La virginité, qui est un être moral, une vertu qui ne consiste que dans la pureté du cœur, est devenue un objet physique dont tous les hommes se sont occupés ; ils ont établi sur cela des opi-nions, des usages, des cérémonies, des superstitions, et même des jugements et des peines ; les abus illicites et les coutumes les plus déshonnêtes ont été autorisés ; l'on a soumis à l'exa-men des matrones ignorantes et exposé aux yeux des médecins prévenus les parties les plus secrètes de la nature, sans songer qu'une telle indécence est un attentat contre la virginité ; que c'est la violer que de chercher à la connaître(…)

L'anatomie elle-même laisse une incertitude entière sur l'existence de cette membrane que l'on nomme hymen, et des caroncules myrtiformes, qui ont été longtemps regardées comme indiquant par leur présence ou leur absence la certitude de la défloration ou de la virginité ; l'anatomie, dis-je, nous permet de rejeter ces deux signes non seulement comme incertains, mais comme imaginaires. "

Retenons de l'anatomie que la forme de l'hymen est si fréquemment irrégulière qu'il est illusoire de tirer de son examen une quelconque conclusion sur la supposée virginité de la femme ou de la jeune fille examinée.

Un article signé de Sir J. Dewhurst, ancien président du " Royal College of Obstetricians and Gynaecologists ", société anglaise mondialement reconnue, met en garde contre les conclusions abusives de l'examen de l'hymen dans le Lancet, journal médical non moins réputé.13

Référence plus récente : Jean-Jacques Amy, anciennement professeur de Gynécologie-Obstétrique à la Vrije Universiteit Brussel, dans un article récemment rédigé sur les certificats de virginité et reconstructions d'hymen14, s'exprime comme suit :
" Testut, dans son admirable traité d'anatomie15, déclarait : 'Que devient alors cette croyance, si profondément enracinée dans l'esprit des masses, que la présence de l'hymen est pour la femme un signe certain de sa virginité, et n'est-ce pas le cas de répéter que cette virginité n'est pas une formation anatomique, mais, comme l'a dit Buffon, " un être moral, une vertu qui ne consiste que dans la pureté du cœur "'…L'examen de l'hymen est donc si peu révélateur que son utilité dans la question qui nous occupe doit être considérée comme nulle. "

Sexe, mensonges et idéaux
La question qui se pose est : un médecin doit-il donner suite aux demandes de certificat de virginité et/ou de réfection d'hymen ?
A cette question, il n'est pas de bonne réponse car c'est la question elle-même qui est problématique.

Comme médecin, confrontée à une telle demande, je me trouve face à un véritable problème éthique :
Accepter d'y répondre signifie participer à un mensonge dont l'enjeu est détestable, à reconnaître le corps et l'histoire d'une femme comme des objets soumis à l'ordre social et à l'ordre patriarcal. Par contre, refuser, c'est nier le drame humain qui se joue en toile de fond, c'est ne pas reconnaître l'état de nécessité de la patiente, la renvoyer à la solitude voire à l'exclusion ou à la violence. Entre accepter et refuser, de multiples conflits de valeurs s'affrontent

- conflit entre des principes (égalité des sexes, autonomie et respect des personnes) et la réalité (soumission inacceptable des femmes).
- conflit entre l'honnêteté qui doit prévaloir dans la rédaction d'un certificat et le mensonge consenti au nom d'un "intérêt jugé supérieur".
- conflit entre le fait de reconnaître à l'hymen une valeur alors que je suis convaincue qu'il n'en a pas.
- conflit entre des valeurs différentes reconnues par deux cultures aux normes différentes.
- conflit entre revendication de valeurs laïques et soumission aux impératifs religieux.

Problème éthique donc, dans la mesure où l'éthique consiste à étudier les principes sur lesquels fonder une action supposée " bonne ".

Le Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français a fait des recommandations claires et sans appel sur cette question :

" Non les médecins et en particulier les gynécologues obstétriciens ne sont pas là pour rédiger des certificats de virginité qui sont une atteinte manifeste à la dignité de la femme.
Non les gynécologues obstétriciens ne sont pas là pour refaire les hymens, faciliter le mensonge et finalement aider à perpétuer une tradition d'un autre âge. "16

Sur le principe, je souscris totalement à ces paroles. Mon objection est d'ordre pratique :

- Refuser d'établir un certificat de virginité, c'est cautionner la valeur mythique de l'hymen comme garant de la virginité.
Étant persuadée de la non pertinence de l'examen de l'hymen pour établir la virginité, je n'ai personnellement pas de résistance à déclarer vierge une femme en lui évitant un examen aussi inutile qu'injurieux. Rédiger le certificat c'est nier toute valeur à l'hymen, j'y souscris.
- Refuser la plastie d'hymen, c'est ignorer la détresse de la demandeuse et la renvoyer à l'arbitraire de sa condition, au bannissement et peut-être même à la violence*, c'est risquer de la voir exposée à un médecin sans scrupules, sans expérience ou qui va jouer le jeu du patriarcat.

Prendre en compte la détresse et tenter d'y apporter une réponse est un des principes directeurs de mon engagement de médecin.
Je suis donc une gynécologue féministe qui accepte de pratiquer, au nom d'une certaine hiérarchie de valeurs, des actes que je réprouve de façon théorique si on les dégage du contexte. Cela est paradoxal, j'en conviens…

Mais parlons, justement, de ce contexte :

Dans les cas qui nous préoccupent, je n'ai jamais accepté de répondre à l'injonction de tiers.
Je ne prends en considération que la parole de la femme concernée.
J'exige toujours d'avoir avec la patiente un entretien en tête-à-tête, sans témoins : c'est l'occasion de préciser la demande, d'évaluer les éventuelles pressions (mariage forcé ?), l'état d'esprit et les marges de manœuvre de la requérante.

 

*J'ai personnellement vécu l'assassinat par ses frères d'une jeune patiente qui n'avait pas réussi à cacher une grossesse illégitime découverte trop tard pour que l'on puisse pratiquer un avortement.

 

Une information anatomique et sexologique sont indispensables ainsi qu'une évaluation des représentations que la femme a de son corps, de sa fonction sexuelle, de la virginité… le but est de l'aider à relativiser la portée des actes posés et à se réapproprier son histoire personnelle et son intimité, bref de se dérober à la pression extérieure dans la mesure du possible.
Il est important aussi de restaurer l'estime de soi et le sentiment d'autonomie.
Dès qu'elles savent que ce qu'elles demandent va pouvoir se faire, bien des patientes se sentent soulagées et s'engagent dans une réflexion plus créative.

Il n'est pas rare, à l'issue de cet entretien, que l'on puisse découvrir et mettre en place des solutions d'esquive ou même que la femme décide de renoncer à l'objet de sa demande.

Pour la plastie, l'acte chirurgical, est toujours accompli avec un délai de réflexion. Il doit être pratiqué de façon, évidemment, à ne pas nuire à la sexualité ultérieure (je n'entrerai pas dans les détails chirurgicaux).

Je ne demande pas d'honoraires, utilisant le code INAMI prévu pour une " plastie vulvaire ".

Je propose toujours de revoir ces patientes pour une consultation postopératoire, sous le prétexte de vérifier la cicatrisation. C'est l'occasion d'élargir la discussion sur des aspects plus généraux que leur cas personnel (situation de leurs futures filles ou des générations de femmes plus jeunes ? Existence de courants féministes ou de femmes luttant au sein de l'Islam pour plus d'autonomie, relativisation des normes…).

Perspectives
Je considère évidemment que cette façon de faire n'est qu'un " pis-aller " très discutable et ne peut que représenter une étape transitoire dans le chemin qui conduira les femmes vers l'acquisition de leur autonomie.

Depuis une quinzaine d'années émerge dans diverses communautés musulmanes d'Afrique, d'Asie, d'Europe et des États-Unis un mouvement de féminisme islamique.
Le féminisme islamique fait de l'égalité des sexes une composante à part entière de la notion coranique d'égalité de tous les êtres humains et appelle à la mise en œuvre de cette éga-lité des sexes dans les sphères étatique et institutionnelle ainsi que dans la vie privée.

Le féminisme islamique s'est donné comme tâche d'exposer et d'éradiquer les idées et les pratiques patriarcales présentées comme islamiques et de raviver l'idée centrale en Islam de l'égalité homme-femme (inséparable de l'égalité de tous les êtres humains).17

A coté des mouvements intellectuels, il existe aussi des associations (comme en Belgique " l'Arabesque ") qui luttent pour la promotion de l'autonomie des femmes des milieux populaires en leur permettant de s'exprimer, de mettre des mots sur des difficultés, des aspirations, des désirs, de prendre conscience des inégalités, de confronter des points de vue, de construire ensemble un savoir critique.18

Accompagner et soutenir les femmes et les mouvements qui luttent de l'intérieur de l'Islam pour l'égalité des sexes est un impératif plus vaste et bien plus pertinent que de bricoler des solutions individuelles pour répondre à des problèmes collectifs.

Lutter chez nous contre l'exclusion sociale et culturelle… et dans les pays à majorité islamique, contre les régimes conservateurs et non démocratiques procède aussi de ce soutien car "dans ces pays, l'émancipation des femmes est partie intégrante de l'émancipation de la société " .19

Dr. Françoise KRUYEN
Gynécologue

 

 

Dans le souci d'exposer mes sources bibliographiques le plus complètement possible, je souhaite mentionner l'excellent travail rédigé par Geneviève Duval et publié en 2009 par l'Université des Femmes (Collection "Cahiers de l'UF"; n°2) sous le titre "Il était deux fois, un voile… La suture d'hymen : une négociation interculturelle ? ". Il s'agit véritablement d'une analyse très complète sur la question de la suture d'hymen et cette publication est une référence incontournable dans l'analyse de cette problématique.

1. Henri Mendras : " Eléments de sociologie ", éd. Armand Colin, Paris, 2003, p. 99
2. Réunion du GGOLFB " La gynécologie-obstétrique face aux défis de la multicultu-ralité ", novembre 2008
3. A. Lamchichi "La condition de la femme en Islam, Avancées et régressions " in, Isabel Taboada Leonetti Les femmes et l'Islam, L'Harmattan, 2004. p. 29.
4. Ibid., p.30.
5. Ibid., p.31
6. M. Kilani " Femmes, religion et Islam " in, Isabel Taboada Leonetti Les femmes et l'Islam, L'Harmattan, 2004. p.107
7. Isabel Taboada Leonetti " Ni putes ni soumises.. " in, Les femmes et l'Islam, L'Harmattan, 2004. p.195.
8. Fadila Amara, Ni putes ni soumises, éd. La Découverte, 2003, Paris.
9. Giulia Sissa, Le corps virginal, Vrin, Paris, 1987.
10. Historienne américaine et chercheuse à l'Institute For Teaching and Research on Women à la Towson University, Maryland
11. Hanne Blank, Virgin, The Untouched History, Bloomsbury, 2007. 
12. Article " virginité " de " l'Encyclopédie ".
* Souligné par moi
13. Underhill RA, Dewhurst J The doctor cannot always tell. Medical examination of the "intact"hymen. Lancet 1:375-6 (1978).
14. AMY JJ. Hymen: porte dérobée? Espace de Libertés 2008; 364: 20-21.
15. Testut L. Traité d'anatomie humaine, 7ième édition, tome IV, Paris : Librairie Octave Doin 1923, p. 773
* Souligné par moi.
16. Jacques Lansac, Émile Daraï, Dominique Luton, Professeurs de Gynécologie Obstétrique, 
Président et Secrétaires généraux du Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français
17. M. Badran " Feminism beyond East and West: New Gender Talk and Practice in Global Islam " Ed. Global Media Publications, 2007.
18. C. Laviolette, Pré-texte in Agenda interculturel du CBAI, Bruxelles, n°256, MusulWOman, pp.24-27.
19. M. Kilani " Femmes, religion et Islam " in, Isabel Taboada Leonetti Les femmes et l'Islam, L'Harmattan, 2004. p.109.