Pourquoi écrire ?
Lors du précédent numéro, je vous ai raconté l'histoire d'une vieille dame presque deux fois centenaire, une histoire de la pauvreté et de la marginalité, une histoire de l'aide à la jeunesse.
Pourquoi vouloir à tout prix raconter cette histoire maintenant et m'entêter à vouloir écrire encore aujourd'hui ?
Parce qu'une organisation officielle bruxelloise, le CAAJ1 , arrive en fin de règne, comme tous les autres CAAJ de la Communauté française. Certains, et j'en fais partie, craignent sa disparition pure et simple emportant dans son histoire, ses pratiques, ses travaux et ses textes. 
En effet, dans la suite des carrefours de l'aide à la jeunesse de 2005, se dessinaient2 deux pistes de restructuration des CAAJ :
" La première est " intra sectorielle " et préconise un recentrage sur la prévention spécialisée au sein de l'aide à la jeunesse. L'autre est " intersectorielle " et souhaite ouvrir la réflexion vers l'ensemble des dispositifs de prévention tous secteurs confondus ". Se retrouveraient ainsi donc dans un dispositif de concertation locale, le steward urbain, le travailleur contrat de ville, le médiateur scolaire, le travailleur AMO (Aide en Milieu Ouvert), …tous concourant à un objectif commun : la prévention.

Une impression de déjà vu
Membre du CAAJ sur base d'une expérience professionnelle antérieure dans le secteur de l'aide à la jeunesse de 1986 à 2003 et plus particulièrement dans trois services d'aide en milieu ouvert bruxellois, j'entends et revois, avec consternation, des scénarios qui se profilaient déjà dans nos travaux lors des premières assises de l'aide à la jeunesse de 19953. 
A l'époque, nous avions d'entrée de jeu confirmé la nécessité de débattre avec ces nouveaux acteurs affirmant que " entre la philosophie globale intégrée des contrats de sécurité et la pers-pective sectorielle de l'aide à la jeunesse, les oppositions dépassent les questions de style ou les intérêts corporatistes d'acteurs soucieux de sauvegarder leurs privilèges. Il y a bien deux regards sur l'action sociale, deux états d'esprit qui s'affrontent " … " Si l'on accepte que chacune des deux logiques ont leur légitimité et que le maintien de la dialectique entre les deux est un enjeu de la démocratie, encore faut-il que cette dialectique soit possible. En d'autres termes, encore faut-il qu'une coopération conflictuelle propre à porter le dialogue sans le tuer dès le départ soit possible. Car si le cadre et les enjeux à la négociation sont d'emblée cadenassés par les intérêts d'un acteur en présence, ce qui jusqu'à présent semble avoir été le cas, le dialogue partenarial risque d'être un marché de dupes et de traduire une autre forme subtile de domination4 ". L'histoire nous apprend que cette vision s'est confortée dans les années qui ont suivi.

Pourquoi m'entêter ?
Parce que nous étions nombreux, dans ces années-là, à croire que le décret de 1991 avait concrétisé une révolution des mentalités. Nous aspirions à voir reconnaître des pratiques relevant d'une conception du travail du social, un travail de nature politique où on ose encore (à peine) parler de transformation des rapports de force, de justice sociale, de progrès social…
A l'annonce de cette orientation politique, dix ans plus tard, j'ai eu envie de lancer un avis de recherche : Portés disparus : l'article 13 et l'article 215 ont définitivement disparu ce 15 mars 2006 ! Et, trop nostalgique sans doute, j'ai relu deux chartes, celle écrite par l'APAMO6 début des années 80 et celle écrite par les membres du CAAJ de Bruxelles en 1996.

Je n'étais pas présente lors de la rédaction de ces textes. Mais ils ont tous deux conduit mes actions. Une charte n'a de valeur que parce qu'elle signe un pacte avec une certaine solennité entre deux ou plusieurs personnes. Ces personnes s'engagent à défendre, à garantir, à préserver une éthique, des pratiques, un enjeu, le droit pour tous de vivre en société,…
Deux chartes qui ont donc conduit mes actions l'une comme jeune assistante sociale, dans les années 80 et l'autre comme jeune membre du CAAJ de Bruxelles, dans les années 2000. Elles ont en commun d'être ancrées dans la tradition de l'éducation populaire non dans l'idée d'une permanence de l'éducation ou de la formation mais dans une tradition de l'action politique, du travail social politique, du travail du social.

Portés disparus ?
C'est donc si grave la disparition de ces articles ? me demande une collègue lorsque je lui présente le contenu de cet article. Ben oui, bien sûr et je m'emporte, j'argumente et puis je la regarde et si c'était trop tard ? me dis-je. Mais bien sûr c'est trop tard ! Pas seulement parce que certaines pratiques professionnelles sont " illisibles " pour le public, pour les décideurs, pour les médias et qu'elles risquent bien de disparaître mais aussi, parce que " depuis que le Parlement de la Communauté française a approuvé, en mars 1991, le décret relatif à l'aide à la jeunesse, il serait aberrant de prétendre que la société n'a pas changé. En effet, les familles se sont transformées, les jeunes ne sont plus tout à fait les mêmes. Les travailleurs sociaux ne travaillent plus de la même manière. Les pratiques des autorités mandantes (Ndr : le juge de la jeunesse, le conseiller de l'aide à la jeunesse,…) ont également évolué. Les chercheurs universitaires ont progressé dans l'analyse de divers phénomènes. Des réponses nouvelles ont été élaborées. L'opinion publique, enfin, ne perçoit plus les situations de la même manière". Et si nous avions tout simplement manqué une riposte ?

Une riposte manquée
Deux chartes sont donc fondatrices. Toutes deux s'inscrivent dans une tradition de l'éducation populaire et donne une définition de ce que peut être le travail politique d'une association ou d'un organe consultatif.

Que nous dit la charte de l'APAMO, début des années 80 ?
Je précise d'entrée de jeu que l'exemplaire dont je dispose est 
buriné par le temps. Il est devenu illisible à certains endroits.
A l'époque, les groupes sont conventionnés avec la Communauté française. Ils avaient fondé leurs interventions sur l'hypothèse que " l'inadaptation, l'exclusion, la délinquance sont inséparables du processus de désinsertion sociale. Qu'il s'agisse de problèmes localisables dans la vie scolaire (illisible), des difficultés liées à la situation de crise économique (diminution du pouvoir d'achat, distorsion croissante entre l'offre et la demande de travail), des relations de voisinage entre individus d'un même quartier, de l'accessibilité des autorités vis-à-vis desquelles le jeune effectue certaines démarches, du sous-équipement et de l'inadéquation des organisations de loisirs et de production culturelle, ces problématiques sont autant de supports de désinsertion. Dans cette optique, la désinsertion sociale peut s'articuler à différents niveaux : économique, social, culturel, relationnel. Si l'identification des problématiques rencontrées par les jeunes s'appuie sur ce découpage, les organismes n'oublient pas que ces différents niveaux sont perméables les uns aux autres, par quoi un individu peut fort bien être confronté à un tissu de difficultés. Cette hypothèse induit une conception de l'action basée sur 3 niveaux : l'individuel, le collectif et le politique ".

Entre temps ces groupes conventionnés sont devenus des services de l'aide à la jeunesse, un changement sémantique lourd de conséquences. Nous ne parlerons plus d'action mais " d'aide ", de " prise en charge ", de " service rendu " à " des usagers " …
Par ailleurs, un texte légal tel que l'arrêté du 15 mars 1999 fixant les conditions particulières d'agrément et de subvention pour les AMO est venu largement contribuer à la disparition d'un savoir-faire. En distinguant des niveaux d'intervention et des méthodologies, le législateur a pris le risque de les opposer et d'amener les professionnels à ne plus nécessairement articuler ces niveaux d'intervention voire à les dénaturer. Retenons pour exemple que " l'action collective " est à " titre transitoire ". Elle permet aux jeunes de rentrer en relation avec un éducateur ou un service. Dans cette acception, elle s'apparente à de l'animation socioculturelle, un atelier créatif, un stage,…. ou socioéducative, un camp,…centrés sur la pédagogie du projet. Si ces projets ont toute leur pertinence et toute leur utilité, ils ne relèvent pas de ce qu'on appelle " l'action collective " ni du " transitoire ".

L'action collective est le ferment du travail politique. Elle se traduit par ce long processus qui rend apparemment " illisibles " les pratiques développées par les professions. 
Qu'appelle-t-on Action Collective ? Action communautaire ? Développement communautaire ? Tant les écrits que les débats (bien souvent houleux) n'aident pas à clarifier ce concept, à donner des repères méthodologiques précis. 
Aujourd'hui si les AMO tentent de se mettre d'accord, rencontrent leurs cousins éloignés, les centres de jeunes, d'autres secteurs sont aussi traversés par ces questions. Epinglons les CPAS qui dans une loi de 3 articles du 7 janvier 2002 vit une troisième révolution identitaire passant successivement de la CAP, la caisse d'assistance publique, au CPAS, le centre public d'aide sociale pour être aujourd'hui le centre public d'action sociale. 
Comme le souligne Catherine Bosquet 7, " dans le champ du travail social, le développement communautaire apparaît comme une méthodologie de plus en plus plébiscitée, sinon par les travailleurs sociaux eux-mêmes, en tout cas par les mandataires politiques, régionaux pour la plupart, qui proposent depuis dix à quinze ans des programmes de développement en tout genre ". Elle nous invite en quelques pages (que je vous conseille) à en revisiter l'histoire en s'intéressant aux enjeux idéologiques, politiques, institutionnels et éthiques.

Quant à la charte du CAAJ de Bruxelles, je retiendrai qu'elle était une interprétation possible de l'avis n°50 du Conseil Communautaire de l'Aide à la Jeunesse. Elle précise que la prévention générale de l'aide à la jeunesse, " c'est prévenir le recours à l'aide à la jeunesse. La prévention générale de l'aide à la jeunesse, c'est réfléchir à ce qu'il faut transformer dans les mentalités et les actions de sorte que les jeunes n'aient pas besoin de l'aide à la jeunesse. La prévention générale déborde donc largement du cadre restreint de l'aide spécialisée à la jeunesse.(…) La prévention générale dans un champ, la jeunesse, renvoie à tous les autres champs (…). Les outils d'analyse interrogent non seulement les institutions de l'aide à la jeunesse mais interpellent en même temps les champs en interface : le médical, le social, le culturel, le judiciaire,…. (…) Elle privilégie, parmi les confrontations avec les autres champs, une question, non pas celle du juridico-pénal mais du socioculturel : qu'est-ce qui fait qu'on est dans la répression et le maintien de l'ordre social et non plus dans le changement social ? Qu'est-ce qui fait qu'on est dans l'aide sociale et non plus dans 
l'émancipation culturelle collective ? (…) La prévention générale est un travail d'analyse critique par l'étude des enjeux et des conflits d'intérêts, la remise en question de l'efficacité des outils tels que le tribunal, l'hôpital, l'école, …, la critique de la cohérence des concepts utilisés.(…) Et si la prévention générale s'efforce de rester articulée à la réalité, elle ne vise pas pour autant à justifier l'existant. Elle donne des pistes allant dans le sens de se passer de l'aide à la jeunesse. "

Aujourd'hui, affirmer que l'aide à la jeunesse n'existe qu'à titre subsidiaire peut prêter à suspicions, ce que n'ont pas manqué de faire remarquer les amos bruxelloises dans leurs concertations avec le CAAJ de Bruxelles.Rassurons-nous, l'aide à la jeunesse n'est pas prête de disparaître puisqu'elle permet avant tout de pacifier, d'apaiser des tensions sociales, le temps de trouver des solutions aux situations de pauvreté, de précarité liées à l'exclusion d'un logement, d'une école, d'une usine, …Malgré tout, le nombre de places en prison, dans les centres d'accueil ou les IPPJ (Institutions Publiques de Protection de la Jeunesse) restera toujours largement insuffisant pour accueillir le nombre croissant des débarqués du système social, les déserteurs sociaux, les Hors-La-Loi scolaires, …

Je ne suis pas visionnaire mais deux voies semblent possibles.

Le secteur de l'aide à la jeunesse sort indemne
Le secteur de l'aide à la jeunesse semble donc toujours au cœur des turbulences institutionnelles belges, plusieurs niveaux de pouvoir sont concernés, différentes logiques de politiques sociales s'interpénètrent, … mais sortira indemne dans les années à venir. Toutefois, dans cette profusion de dispositifs rendant illisibles les pratiques et les logiques fondatrices à l'œuvre, les acteurs devront repréciser les limites de leur champ d'intervention. 
Chacune des logiques, nous l'avons dit, a sa légitimité et le maintien de la dialectique entre elles est un enjeu de la démocratie, encore faut-il que cette dialectique soit possible. En d'autres termes, sera-t-on dans un projet de coopération conflictuelle construit sur une hypothèse commune de changement, de progrès social ?

Chacun se prémunira d'une éventuelle subtile domination en s'emparant d'outils, le code de déontologie de l'aide à la jeunesse, les conventions de partenariat précisant les limites tolérables ou infranchissables, des chartes rappelant la spécificité d'un métier, l'avis n° 50 du Conseil Communautaire de l'aide à la jeunesse, le code de déontologie des AS,… Ces outils permettront tout au mieux de préciser la nature et les limites de la coopération au risque de fléchir ou de s'adapter.

Le secteur de l'aide à la jeunesse ne sort pas indemne
Les tensions se précisent, les points de vue se distinguent, les conflits émergent, les désaccords se marquent et certains se débarrasseront une bonne fois pour toute du concept de prévention générale. Ils tenteront l'apport de nouveaux concepts ou s'en approprieront d'anciens qu'ils revisiteront. Ils rendront compte d'un travail alliant lucidité, critique, subversion, transformation, conflit, responsabilité, engagement, … se tournant vers d'autres professionnels, d'autres acteurs (des " citoyens ") qui comme eux, ont dû, face à la marginalisation de masse, tenter de répliquer en créant des espaces de réflexion critique et d'action politique refusant l'urgence et la gestion des risques et misant sur des transformations profondes d'une société en crise.

Je clôturerai ici
Lors de mon précédent article, j’avais signalé que je livrerais quelques secrets de fabrication de ces métiers dont je redoute la disparition défendant ici ce que font ou ont fait les services d'aide en milieu ouvert rejoignant mon crédo : lorsque d'anciens métiers sont voués à disparaître ou de nouveaux métiers, de nouvelles professions sont en train de se faire8, il faut en parler. Il faut parler de ce qui les fondent, de ce qui les démarquent, les exportent ou les nient. Il faut parler de ceux qui les exercent, de ce qu'ils font. Ces métiers répondent à un besoin social incontestable. Ils méritent d'être connus.J'en reste convaincue mais qui peut mieux le faire que ceux qui l'exercent. 
Alors plutôt que d'occuper à nouveau des pages dans le prochain numéro où je risque de me répéter, je clôturerai en soulignant que ce travail se distingue entre autre par une inscription politique à titre complémentaire et supplétif d'un secteur de l'aide sociale, une aide spécialisée orientée vers les jeunes et les familles. 
Dans ce secteur, il existe une frange de résistance à l'enfermement des jeunes qui mise sur les ressources, le potentiel créatif des familles, des adultes, un enseignant, un médecin, un voisin,… qui entourent ces jeunes et enfin sur les ressources des jeunes eux-mêmes. 
Cela suppose que tant les professionnels, les élus que l'opinion publique reconnaissent la pertinence et l'utilité sociale de l'aide spécialisée, reconnaissent que le travail social a aussi un fondement émancipateur dont la lisibilité et la compréhension sont intimement liées à l'évolution des perceptions, des représentations du jeune par la société et de ses attentes. Un pauvre à protéger ? Un délinquant à enfermer ? Un jeune adulte à éduquer ?
Cette distinction contribuera largement aux choix qui présideront à organiser une " aide négociée " avec le jeune et sa famille ou une " aide contrainte " par un juge ou un conseiller de l'aide à la jeunesse, … risquant par là-même de désavouer les adultes qui l'entourent, un parent, un voisin, un enseignant, un médecin, un agent de quartier,….
Rappelons qu'au XIXème siècle, le législateur a distingué les enfants des adultes incarcérés, des vagabonds et des mendiants. Il a reconnu l'enfant capable de discernement dès l'âge de 16 ans. Ce dernier était susceptible d'être incarcéré. C'est un des moyens dont une société dispose pour se défendre. Elle met à l'écart toute personne représentant un danger pour sa cohésion. Rayer des pratiques associatives sous prétexte d'illisibilité, de non-rentabilité sociale risque à terme de nous voir revenir deux siècles en arrière.

En quoi, une approche non intégrative du travail social dans laquelle le conflit est un outil d'intervention est-elle illisible ? Ou, tout simplement, le conflit entre un jeune et un adulte dérange, que cet adulte soit parent, enseignant, élu, employeur, éducateur, ou assistant social.
Un conflit " travaillé " est moteur de nouvelles représentations que nous pouvons avoir de nous, d'un proche, du monde, … 
C'est un travail de construction par un individu doté d'un esprit critique. Ce travail s'appuie sur des notions de responsabilité individuelle et collective, d'engagement vis-à-vis des autres et de soi-même. Ce sont des propositions faites par des professionnels, ici à des jeunes, là à des adultes qui permettent un élargissement des représentations que nous avons habituellement de ce qu'est 
l'exercice de la démocratie, de l'engagement que ce soit dans un parti politique, dans un groupe de pression, dans un syndicat, …

La paix sociale est avant tout une affaire collective dans laquelle adultes et jeunes ont leur part de responsabilité et ça s'apprend aussi. C'est la première étape de l'action politique, le recours à 
l'intelligence collective pour ensuite passer à l'action.

Je me répète9
Reconnaissons que nous sommes au cœur de mutations importantes dans la représentation que nous avons les uns et les autres de ce que devraient être la famille, l'école, l'entreprise, …
Des espaces de réflexivité, du retour de la pensée sur nos actes, ont donc toute leur pertinence et une utilité sociale dès le moment où une société lui reconnait une place aux côtés de l'église, des loisirs, de l'école …. Ces " espaces " sont doublés d'un passage à l'action. 
Si certains concepts sont destructeurs, certains mythes le sont tout autant. La nostalgie d'un temps passé où " les anciens " auraient réussi là où nous échouons empoisonnent bien souvent l'existence professionnelle de jeunes travailleurs sociaux, socioculturels. De nouvelles formes du travail du social, de l'action politique émergent, d'anciennes se réactualisent. Le challenge de demain est de les visiter plutôt que de déplorer la disparition du militant à l'an-cienne ou confondre criminel et jeune. Repérons ces nouvelles formes d'organisation sociale. Elles prennent le devant de la scène. Des collectifs s'organisent sous forme de coordination souple, temporaire, à durée variable et en fonction d'objets précis : un logement décent, un transport en commun accessible à tous, … 
D'autres formes de résistance émergent : le piratage virtuel, le slam, le rap,… Ces derniers ont bien souvent pris le relais des chants de résistance ou de luttes.
Tim Jordan dans son livre " S'engager ! les nouveaux militants, activistes, agitateurs10 " constate que ces collectifs dépassent les schémas habituels de la compréhension. Ils se débarrassent des piliers droite-gauche pour s'appuyer sur de nouveaux, la transgression et la solidarité.

Pour lui, transgresser c'est s'attaquer au mode de reproduction des normes et des croyances, des inégalités et des oppressions sociales. La transgression dépasse l'action politique radicale. Celle-ci ne fait que conforter et légitimer les institutions. Il s'agit donc de dépasser les modes actuels de représentations, de négociations et de résolutions des conflits sociaux. Il parle de la désorganisation comme mode d'action et le plaisir comme un crime d'état au service du politique et j'ajouterais de l'intérêt général et du 
bien- être de tous.

 

Claire Frédéric, artisane du social, militante à la plume .

 

1. Le conseil d'arrondissement de l'aide à la jeunesse
2. Rapport de synthèse des carrefours de l'aide à la jeunesse - Janvier 2006 - Observatoire de l'enfance, de la Jeunesse et de l'aide à la jeunesse et 
l'agence alter
3. Groupe de travail sécurité et citoyenneté
4. Yves Cartuyvels, Aide à la jeunesse et contrats de sécurité - Réflexions préliminaires, rapport de mission, novembre 1994
5. L'article 13 de l'arrêté d'application du 15 mars 1999 des services d'aide en milieu ouvert et l'article 21 du décret de l'aide à la jeunesse de 1991
6. Association pour la promotion de l'action en milieu ouvert, première fédération des équipes conventionnées
7. Catherine Bosquet, Le développement communautaire : un concept, une histoire, des valeurs in Travailler le social 37, Le développement communautaire, un concept renouvelé ? - 2004 - p5 
8. Les parcours de formateur que vous trouvez dans le " Secouez-vous les idées " est une démarche de conservation du métier
9. Cartes d'orientation à l'usage du résistant égaré - Banderilles in Secouez-vous les idées n°60
10. Tim JORDAN, " S'engager ! Les nouveaux militants, activistes, agitateurs " Editions Autrement - collection Frontières - 2003