Introduction

Pourquoi tenter de mieux comprendre ce que l’on entend par société sécuritaire ?  Dans le présent document, je tente de montrer en quoi et pourquoi ce type de dynamique de société me pose question en tant que formatrice dans le champ social et socio-culturel et le lien que j’identifie avec les finalités de la formation dans et pour l’action sociale et socio-culturelle.

Pour mieux comprendre les enjeux, je me suis inspirée principalement des écrits de M. Benasayag et A. del Rey ainsi que sur ceux de M. Gauchet qui l’un et l’autre interrogent la conception de la vie commune et la place de l’action sociale.

 

Les auteurs définissent la société sécuritaire comment étant une société dans laquelle le conflit n’a plus de place.  Il est refoulé.  Il est étouffé ou il est transformé.  Ce conflit qu’ils identifient comme une réalité ontologique est source de développement et de démocratie, source de liens sociaux et de cohésion. Qu’est-ce que les auteurs entendent par la notion de conflit ?  Nous verrons comment ils expliquent que la méthode sécuritaire transforme le conflit et/ou le refoule.

Une brève mise en perspective de quelques facteurs historiques permet de mieux comprendre le refoulement du conflit tant par la transcendance de la croyance ou de la promesse, que par la représentation.

Je prendrai l’ouvrage de C. Rojzman [1] ,  formateur d’acteurs de terrain et des personnels des services publics à l’exercice de leur profession dans un contexte de crise, mène des actions sur les conflits et les cohabitations interethniques, pour mettre en évidence une sa position de formateur face à ces enjeux.

 

 

Mise se perspective par quelques facteurs historiques du refoulement du conflit

 

1.         Transcendance de la croyance

Le refoulement du conflit prend racine dans un contexte historique large, inscrit sous le signe de la croyance religieuse en un devenir harmonieux, de justice universelle, où tout conflit serait résolu.

2.         Transcendance de la modernité

Nous sommes les hommes de la promesse d’une solution des conflits.  Dans l’idéologie « pastorale » de la promesse [2] c’est  la modernité qui va faire émerger une nouvelle conception de la justice.  Elle remet en question l’ordre social qui devra éradiquer l’injustice. (Les uns ne seront plus esclaves alors que les autres seront libres).

 

3.                  Transcendance du politique

Serait-ce la voie royale de la résolution des conflits ?  On demande aux hommes politiques de résoudre les conflits dans nos sociétés.  La politique est une sorte d’entonnoir des processus contradictoires vers la seule dimension de la représentation.  C’est l’hypothèse du « tout est politique ».  Tout ce qui touche à la vie des sociétés et des personnes « devrait être pensé et résolu dans et par le champ du politique » ici au sens restreint de la politique représentative, des partis et des groupes de pression.  Cette manière de réfléchir les conflits impulse un processus de séparation des hommes d’avec leurs vies concrètes.  Comme si une résolution globale et surtout finale des conflits politiques était capable de nous introduire dans un monde idéal de justice et de paix.  On attend du politique non seulement une bonne gestion des affaires mais qu’il soit la voie vers un monde idéal.

 

 

Le conflit est une réalité ontologique, dont le « formatage » [3] , est lui-même mise en normes

 

1. La mise en norme

Jamais une société n’a été autant disciplinée que la nôtre.  « Société du triomphe de la norme » à laquelle se conforment les individus corrigeant eux-mêmes, en permanence, leurs comportements et leurs envies.  La norme n’est pas la loi car contrairement à cette dernière, elle régule de l’intérieur les comportements.  Les individus se mesurent à la norme.  Elle détermine ce qui est désirable, répugnant, inquiétant.

Cet effet de la norme est dû à l’exercice d’un contrôle continu.

« L’obéissance à des normes bien intégrées est l’expression d’un pouvoir qui s’affirme en s’appliquant aux personnes en même temps que ces dernières fabriquent ces normes ».

La société sécuritaire se base bien sur ce mécanisme d’incorporation de la surveillance par rapport à la norme.  « Quand l’individu dans l’école, dans la famille ou chez le « psy » juge en permanence ses faits et gestes d’après des critères individuels (en toute autonomie et liberté pense-t-il), le pouvoir transite par celui-ci ».

Ce faisant, l’individu produit des « frontières » au-dedans même de la société.  Il se défend contre toutes déviations menaçantes, multiples, extérieures et intérieures.  La norme responsabilise l’individu. Tout dissident met en danger la norme sociale.  Quelques normes fortes sont ainsi l’utilité de l’agir humain, le bio pouvoir, la santé.

 

2. La mise en forme

Le formatage des conflits a toujours partie liée avec sa réduction à la dimension d’affrontement, qui « masque la multiplicité irréconciliable propre à tout conflit ».

 

La conception contemporaine de la démocratie combine efficacement le refoulement des conflits avec un certain mode obligatoire de rivalité démocratique (les débats contradictoires « théâtralise l’affrontement » des parties dans un formatage journalistique) efficace disent les auteurs.

Le formatage économique des rapports individuels et sociaux est ainsi présenté comme une forme naturelle de conflit.  Il  ne constitue pourtant qu’une forme historiquement  dominante [4] .

La réalité est beaucoup plus complexe qu’une somme d’affrontements dirigés par des intérêts déterminés.  L’affrontement sous le mode économique actuel est une forme qui doit sa  puissance au fait  que le conflit est ontologique.

Les combats contre les maladies et la maîtrise de l’environnement apparaissent justes et bons.  Ils masquent pourtant l’impossibilité de continuer avec un traitement de la nature considérant la matière et le corps comme des ennemis dont il faudrait se rendre « maître et possesseur » comme le disait Descartes.  Les conflits Homme versus Nature, Individu versus maladie, relèvent d’une grande complexité   Pourtant tout progrès technique apparaît comme une victoire, une conquête de plus dans la maîtrise de notre environnement, alors même qu’il s’agit de le sauvegarder.

 

3.  Le conflit est une réalité ontologique

Le conflit n’est pas l’affrontement entre des entités distinctes l’une de l’autre.  Il correspond au processus de déploiement de l’être, n’obéissant à aucune harmonie préétablie.  Il s’affirme dans la complexité et le déploiement (développement) des unités elles-mêmes, construisant les dimensions de leur être, s’auto-affirmant.   Le conflit n’est donc pas lisible de façon linéaire et simpliste.   Tous arguments contradictoires, constitués de segments qui se combinent avec ceux des énoncés opposés, révèlent bien un conflit.  En les enfermant dans des camps bien définis, nous réduisons le conflit à l’affrontement.  L’affrontement qui apparait n’est qu’une des dimensions du conflit.

Accepter  le conflit implique la reconnaissance d’une multiplicité d’autres points de vue « non nécessairement assimilables ».

L’acceptation du conflit implique que d’autres points de vue puissent s’opposer à un certain ordre (social ou religieux) sans pour autant être des anomalies, sans que ceux-ci soient des « barbares » à éliminer.

Cela implique donc d’acceptation de l’existence d’une  « multiplicité irréductible à l’unité ».

 

 

La méthode sécuritaire transforme le conflit en affrontement [5] et/ ou le refoule

 

1. La  transformation des conflits

Partons, comme le propose M. Benasayag, de l’exemple des flux migratoires qui, malgré leurs formes nouvelles, constituent un « invariant anthropologique ».  Il s’agit bien d’une réalité, conflictuelle, multiple et sans solution univoque.  En transformant cette réalité en un simple problème auquel on va trouver une solution, on transforme le conflit en affrontement entre le pour et le contre.   Pourtant, les flux migratoires sont une réalité irréductible.

Il n’y a pas de solution pour éradiquer ceux-ci.

Alors, il nous faudrait penser qu’il y a des « manières de faire avec ».

Mais, la société sécuritaire est une société qui crée, par simplification d’une réalité à un problème en recherche d’une solution, des affrontements simplistes qui finissent par masquer la complexité du conflit.  (pour ou contreles OGM, pour ou contre les sans-papiers, pour ou contre les fumeurs).

La  complexité des conflits est perçue comme source d’impuissance alors que l’affrontement permet de simplifier le propos derrière l’idée qu’étant un peu mieux informés les opposants comprendront mieux et l’affrontement n’existera plus. Une bonne communication pourrait donc suffire à solutionner le conflit ?

C’est ainsi que dans la logique de l’affrontement, les identités sont distribuées et il faut réagir à la partie adverse.  Dans la logique de l’affrontement ou de l’opposition, c’est un devenir identitaire des parties en présence qui est à l’œuvre.  Ce devenir ferait perdre aux individus et aux groupes, toute pensée complexe des problèmes.

Alors que dans la logique du conflit, il faut prendre des risques d’agir, d’inventer des hypothèses et des modes d’action par lesquels nous pourrons répondre aux défis de la situation.

Le conflit nous convoque, disent les auteurs, dans les situations (le tord, la frustration ou le désir).  Eviter un conflit c’est éviter les situations de vie.  Ce refoulement est à l’œuvre dans tout « devenir affrontement » des conflits.

Comment les auteurs expliquent-ils que nous nous laissons happer par la logique de l’affrontement ?

Des pistes de compréhension sont à relever dans le mécanisme de production d’identité closes sur elles-mêmes en même temps que celui de l’opposition sans connaissance des causes ni des liens qui tissent et déterminent la situation nous soumet à l’influence d’une immédiateté saturée sur elle-même.  Quand seul le présent immédiat existe, nous nous privons de l’accès aux autres déterminants de la réalité.    Pour parvenir à la connaissance des niveaux complexes, nous devrions agir dans et pour la situation et nous y engager.  Dans le conflit, les contraires ne sont pas accidentels, les oppositions ne sont pas de simples malentendus solubles dans une bonne communication.

Le sentiment d’impuissance de l’action ne permet pas de dépasser la logique d’affrontement ni de s’engager dans la logique du conflit, qui comme dit précédemment est « principe de tout devenir », de déploiement.

Les politiques sécuritaires, pour en revenir à l’exemple des mouvements migratoires, cherchent à construire des forteresses entourées de no man’s lands.  Elles imposent une discipline en instrumentalisant la figure de l’étranger.  Les groupes isolés qui tentent de provoquer l’affrontement dans les situations prennent le risque de soit rester dans les limites auto régulées, soit  se marginaliser.

 

 

2. Le refoulement du conflit

 

2.1. La version soft du refoulement

Notre société vit une époque d’unification, de négation de l’altérité et du conflit [6] .

Il nous est difficile d’admettre que les problèmes tant privés que collectifs que nous rencontrons soient expliqués en termes de conflits.  Les seuls conflits considérés sont ceux autorisés par le formatage comme nous l’avons vu plus haut dans le texte.  Nous nous laissons envahir par le sentiment que s’il y a de l’altérité, il ne peut s’agir que d’un ennemi potentiel.

Au nom de la « transparence  et du  consensus », le sens commun a tendance à considérer que nous savons toujours avec quelle(s) intention(s) nous agissons.  Les activités humaines renvoient alors, par nature, à une intention, un but compréhensible et utile.  Nous admettons que les citoyens peuvent être en désaccord avec une réforme gouvernementale par exemple, mais c’est alors, qu’ils n’ont pas bien compris la raison de celle-ci.  « Si nos opinions divergent c’est que nous ne nous sommes pas suffisamment expliqués ».  Donc, l’opacité de nos raisons d’agir est anormale et peut être remédiable par l’explication.  Cette opacité est réductible par un travail de communication et de compréhension.  Nous pouvons arriver, ou nous devons aboutir à un accord car tout discours étant limité à l’utilité, tout acte humain étant intentionnel, nous pouvons le comprendre, et par le dialogue résoudre ce qui fait  problème.

 

2.2. La version dure du refoulement

La version dure du refoulement du conflit implique pour sa part l’éradication de l’altérité.  On refuse de reconnaître l’existence de conflits car cela reviendrait à accepter ce qui s’oppose à la transparence et, surtout, à la « sécurité » des populations. Transparence radicale de la société qui ne connaît pas d’ennemi, mais seulement des « terroristes, des déviants à éliminer ».

 

En bref,

C’est dans l’histoire que l’hypothèse d’une justice sociale universalisable a imposé aux hommes une tâche qui est, reste et restera, toujours un défi.

Pour les auteurs, développer une pensée et une pratique du conflit implique donc d’accepter que la seule raison de l’affrontement sera de garantir le passage vers un nouveau conflit multiple et contradictoire.

Il ne s’agit donc en rien de guerre disciplinaire qui se mène au nom de l’éradication de ce qui est considéré comme une anomalie à éliminer car si ce qui est cause d’affrontement dans une situation ne le sera plus dans une autre.  Un travail sur la situation est alors important.

Une société sécuritaire est celle qui transforme le conflit, générateur de créativité en situation, en affrontement qui lui sera solutionné par le politique représentatif et contrôlé par l’individu responsabilisé dans un cadre normatif fort.  Elle ne permet pas aux conflits d’être facteurs de déploiement des parties (qu’il s’agisse d’individus et/ou de groupes) mais plutôt d’enfermement de ceux-ci  dans des identités bien définies mais perdant en puissance et ce faisant dépossédant les acteurs (ou « actants » disent Benasayag et del Rey) du « que faire politique ».

La sécurité est-elle à prendre comme la « nouvelle promesse ».  Est-elle une fin en soit ? Est-elle la nouvelle transcendance ou un projet de société ?

 

Qu’est ce que cela m’apporte dans ma réflexion en tant que formateur ?

La parole est au centre de l’action.  La formation en général mais l’éducation citoyenne en particulier poursuit l’acquisition et l’exercice du dire, de l’énoncé, de la dénonciation, de l’analyse, et la traduction des pistes de réflexion en action [7] .  Pourtant, comme Rojzman, je me méfie du  « dialogue   dans  la tolérance » trop souvent prôné comme solution universelle aux problèmes sociaux rencontrés.  L’idolâterie [8] du dialogue nous fait croire assez facilement que tous les groupes seraient à même de cohabiter harmonieusement, que tout les gens sont bien intentionnés, qu’ils n’y a pas d’intérêts destructeurs du bien commun.  N’est ce pas en quelque sorte un refus de voir les différences et les conflits qui opposent réellement les collectivités et les individus ?  « L’expression, vivre-ensemble,  est employée à toutes les sauces,(…) la solution miracle à tous nos problèmes.  (…) Allons-y ! Un peu de volonté, de gentillesse, un doigt de communication, une pincée de dialogue, embrassons-nous et tout va rentrer dans l’ordre ! Essayons de nous comprendre, prenons-nous par la main ! »

Nous avons vu que les idéologies sécuritaires qui revendiquent la force contre le dialogue, la guerre contre les tentatives de paix ou le discours de la haine, ne sont pas les seules voies vers la construction d’une « société sécuritaire ».  La société sécuritaire refoule les désaccords, les divergences sur la manière de concevoir la vie en société, l’éducation, le civisme, la religion,…Elle nous pousse à vivre sans conflits ce qui signifierait vivre sans désirs, vivre sans penser.  Cela signifierait accepter tout de l’autre (mais de qui ?)  Il s’agirait de tolérer tous les discours et tous les actes pour construire une société sans heurts.  Il s’agirait alors de nier l’existence de sa condition d’Homme qui désire et a des convictions, Homme qui développe des idées, Homme qui transforme son environnement (sa situation) par son action [9] .

Nous avons vu combien ce  projet est dangereux.  Il est celui de tous les totalitarismes qui cherchent les « représentants du mal » pour les ou l’éradiquer.

Le changement n’est pas le produit de forces anonymes et désincarnées, au contraire il est le fruit d’acteurs et de processus identifiables.

Il s’agit donc de rendre la puissance d’agir, par la construction de préférences et d’argumentaires, la construction et mobilisation d’alliances ici et maintenant en situation.  C’est l’un des grands enjeux des enseignants, des formateurs, des travailleurs des champs social, socio-culturel et culturel notamment qui se doivent de travailler avec l’individu et les collectifs pour qu’ils prennent place dans le débat et puissent réfléchir leur articulation – leur lien au Collectif.  Pour contribuer et renforcer la démocratie, il faut donner au conflit un cadre d’expression pour sortir de ce sentiment d’impuissance, renforcer la puissance d’agir, c'est-à-dire le débat et la créativité, décoloniser l’imaginaire comme le dit S.Latouche.  Sans aucun doute un travail sur les connaissances et les compétences pour ce faire est nécessaire et doit permettre à former des individus capables de résister aux psychoses collectives (société de la menace).  Mais ce sont donc surtout des acteurs importants dans ce que l’on appelle l’institutionnalisation [10] des conflits, les règles peu à peu construites et acceptées par tous, qui feront le cadre dans lequel les conflits vont apparaître et/ou trouvent une solution (provisoire…). A chacun de nous de réfléchir à ce qui fait ou pourrait faire obstacle(s) dans les groupes en présence dans un cadre de formation ?

 

 

 

 

Sources

BENASAYAG M. et  DEL REY A., L’éloge du Conflit,  ed.La découverte, Paris, 2007

FREIRE P., L’éducation, pratique de la liberté, ed. Cerf, Terres de feu, 1978

GAUCHET M. , La démocratie contre elle-même, ed.Gallimard, 2002

LATOUCHE S., in  Survivre au développement, De la décolonisation de l’imaginaire économique à la construction d’une société alternative, Mille et une nuits,, 2004

ROJZMAN C., Sortir de la violence par le conflit, Une thérapie sociale pour apprendre à vivre ensemble, ed. La découverte, Paris, 2008


[1] C.ROJZMAN, Sortir de la violence par le conflit, Une thérapie sociale pour apprendre à vivre ensemble,Ed.La découverte, Paris, 2008

[2] M. BENASAYAG et A. DEL REY, L’éloge du Conflit,  La découverte, Paris, 2007 p.82

[3] La mise en forme

[4] Comme nous le montre de long en large, LATOUCHE S., in  Survivre au développement, De la décolonisation de l’imaginaire économique à la construction d’une société alternative, Mille et une nuits,, 2004

[5] Benasayag cite Freud qui écrivait que notre civilisation, faute de chercher le bonheur, se contente à présent d’éviter le malheur ». p.96

[6] Elucidation sous le regard de M. Benasayag et Angélique del Rey, L’éloge du Conflit,  La découverte, Paris, 2007 (p.79)

 

[7] P.FREIRE, L’éducation, pratique de la liberté,cerf,1978

[8] C.ROJZMAN, ibidem, p.101

[9] FREIRE P. ibidem

[10] L'institutionnalisation, la désinstitutionnalisation et la réinstitutionnalisation (création et transformation de système de règles, de normes et d’attentes) est  une revendication contenue, implicitement ou explicitement, dans chaque conflit social. Il faut entendre par institutionnalisation des conflits alors la création de nouvelles règles de droit et/ou de nouveaux organismes qui devront prendre en charge leur application et l’encadrement,  la régulation des conflits et leur déroulement.  L'institutionnalisation traduit  à  la fois les voies par lesquelles les conflits influent sur le changement social et celles par lesquelles les structures institutionnelles modifient le déroulement des conflits. Beaucoup d’initiatives existent : conseils, actions de prévention, démocratie participative, partenariats…Les « mesures » ne suffisent pas.  Pourquoi ?  Ces dispositifs sont souvent conçus sur des principes de coopération et la concertation.