52 projets, dont 6 belges, avaient été présentés par les Etats Membres et invités pour être présentés lors de la conférence ministérielle de Lisbonne en septembre dernier. Les critères de sélection étaient : le caractère innovant, la conduite du projet, l’efficacité du service en terme de résultats et d’impacts, sa pérennité et sa transférabilité.: la ville d'Amsterdam des Pays Bas, le Ministère de l'administration de gouvernement et de la réforme de la Norvège, la ville de Besançon, le portail du gouvernement fédéral de l'Allemagne ont reçu une des récompenses prestigieuses célébrant les services publics les plus innovateurs de l'Europe. Le « grand public » a octroyé celui de la meilleure bonne pratique à la police d'état d’Italie.

 

Simplifier l’Horeca
Dans la catégorie «Meilleurs services publics pour la croissance et l’emploi », c’est le projet HoReCa1 introduit par le département de développement économique de la ville d’Amsterdam qui a été désigné vainqueur. L’idée : simplifier au maximum les formalités nécessaires à l’obtention des licences de restaurateur nécessaires pour exercer dans le  secteur de l’Horeca grâce à un guichet unique . Les 40 documents gouvernementaux concernés peuvent être obtenus par la réponse à 20 questions. Et il suffit de remplir un simple formulaire pour les 7 permis locaux exigés dans le secteur. Résultat : 1506 € d’économie par demandeur pour un investissement de départ de 350.000 €.

Vers un guichet unique de l’administration
Aboutissement du plan norvégien d’administration électronique, le service MyPage permettra à chaque citoyen d’interagir avec l’administration norvégienne, en toute autonomie, grâce à un numéro unique d’identification. En 2009, les administrations gouvernementales régionales ou municipales seront toute accessibles depuis MyPage. Retenu dans la catégorie « Participation et transparence », MyPage offrant à l’heure actuelle plus de 200 services dont le plus populaire (500.000 activations) est la demande d’adresse.

Besancon.clic
Depuis 1999, la Ville de Besançon, en partenariat avec l'Education Nationale s'est engagée dans une politique de réduction de la fracture numérique, dans un contexte de développement durable. Chaque année, environ 1500 ordinateurs, provenant du renouvellement du parc informatique de grandes entreprises françaises, sont remis à niveau par les employés du Centre des Handicapés au Travail de Besançon. Le projet Besancon.Clic, qui a remporté l’award de la catégorie « Impact social et cohésion »  a ainsi  pour objectif principal de réduire la fracture numérique en offrant à tout enfant scolarisé à l'école primaire un “cartable numérique”, soit un ordinateur multimédia doté des mêmes logiciels qu'à l'école. Cet ordinateur installé dans chaque foyer dispose d'un forfait d'accès à Internet. Les familles qui le souhaitent bénéficient de 12 heures d'initiation gratuite aux TIC. Les ordinateurs proviennent de banques régionales. Ils sont nettoyés, mis à niveau par des travailleurs handicapés. Ce sont plus de 1000 ordinateurs qui ont été distribués en 2003. A terme, 3000 familles sont concernées par le projet. Depuis 2006, le projet concerne aussi quelques écoles au Sénégal, avec un projet de formation commune entre les universités de Besançon et de Dakar.

Réseau d’agences administratives
Dans la catégorie « E-administration, efficacité et efficience », c’est l’administration allemande de la ville de Brême qui a remporté la récompense pour son « German Administration Services Repertory ». Ce répertoire des services administratifs qui liste et centralise l’ensemble des services e-government disponibles a permis depuis janvier dernier à quelque 5200 bureaux d’enregistrement d’économiser plus de 1 million € par mois. C’est, au niveau mondial, l’une des plus grandes réalisations SOA en matière d’e-governement. Le retour sur investissement est impressionnant : 1,3 millions € par mois pour un investissement de 300.000 € sur 3 ans et des coûts opérationnels annuels de 250.000 €

Police en ligne
Le «Commissariat de Police en ligne » du ministère de l’intérieur italien qui a remporté le très apprécié « Most inspiring good practice » award attribué par le grand public. Ce service en ligne a été lancé le 15 février 2006 en première mondiale. Il s’agit d’un portail permettant aux citoyens d’effectuer des recherches sur des informations générales, de télécharger des formulaires et de déposer des plaintes en ligne à propos de la criminalité informatique. Le site est interactif et l’on peut s’adresser en ligne à des experts. Jusqu’à présent, le site a reçu la visite de 700.000 italiens, 38.000 européens et 21.000 visiteurs du reste du monde.

 

Les nominations belges se situaient toutes, à une exception prêt, dans la quatrième catégorie : Contactpunt Vlaams Infolijn, LIMOSA, Mon dossier, PloneGov et E-Dépôt. Le dernier projet se situe lui dans la première catégorie. LoG-IN GII est un projet Intereg III portant sur un outil GIS générique, notamment porté par l’intercommunale Leiedal en Flandre.


Contactpunt Vlaamse Infolijn
Contactpunt Vlaamse Infolijn est un système d’information en ligne multicanal du gouvernement flamand destiné à informer le citoyen en matière de services publics et privés par le biais de différents médias : téléphone, courrier électronique, chat, télévision interactive, télétexte ou encore via le portail www.vlaanderen.be.  Cette plate-forme multicanal à destination des citoyens a pour but d'élargir les possibilités de communication relatives aux services liés à la vie quotidienne comme la commande de documents où la mise à jour de ses données administratives.


LIMOSA

Le projet LIMOSA a pour base la mise au point d’une déclaration unique de toutes les activités frontalières en Belgique, ce à des fins de simplification administrative et dans la volonté de stimuler la libre circulation des travailleurs, employés et indépendants. LIMOSA peut être vu comme un « one stop shopping » où toutes les informations, demandes et déclarations (permis de travail, carte professionnelle, permis de séjour,…) sont centralisées et dispatchées automatiquement aux autorités et services compétents.


Mon dossier
Avec Mon dossier, les citoyens belges vont pouvoir vérifier en ligne toutes les données les concernant liées au registre national, telles que l’acte de naissance, la composition familiale ou l’état civil. On pourra aussi introduire des demandes de documents tels qu’un extrait d’acte de naissance ou d’état civil. A la base du projet Mon Dossier, il y a bien sûr la carte d’identité électronique.


PloneGov
PloneGov.ch (en Suisse), CommunesPlone, (Belgique et France) et UdalPlone (pays basque) sont 3 projets basés sur Plone et Zope dont l'objectif est d'offrir des solutions de gouvernement électronique pour les petites municipalités.  Ils sont aujourd’hui fusionnés dans un seul et même projet : PloneGov. Au sein de PloneGov, tous les développements se font dans une logique de mutualisation : chaque commune peut s’approprier les développements réalisés, les améliorer et les proposer à son tour gratuitement. Aujourd’hui, PloneGov réunit dans ce sens une cinquantaine de villes de par le monde.

E-Dépôt
L'e-Dépôt ou « Dépôt électronique des actes des sociétés » est un instrument mis en place par la Fédération Royale du Notariat Belge afin de permettre aux notaires de compléter, signer et déposer l’ensemble des documents nécessaires à la création d’une entreprise. e-Dépôt fonctionne comme point de contact central pour les services publics fédéraux de l’économie et de la justice concernés. Elle sert de plateforme électronique commune pour la consolidation des informations relative à l’administration des impôts, à la sécurité sociale et au cadastre. L’objectif est ambitieux : on est parvenu selon ses concepteurs à réduire le temps nécessaire à la création d’une société de 3 mois à…3 jours !


Plus proche du citoyen
Béatrice Van Bastelaer, Commissaire Easy Wal et membre de la délégation belge présente à Lisbonne : « L’événement était essentiellement orienté vers les bonnes pratiques en matière de e-government, même si la transférabilité réelle de certains projets récompensés n’est pas évidente. La formule d’un village de stands où se trouvaient tous les nominés s’est avérée extrêmement intéressante. ». Des exemples à suivre au niveau belge dans ce fourmillement européen d’idées et de solutions e-gov ? « Nous avons découvert le plus important projet de rationalisation de sites web au monde. En Angleterre, d’ici 2011, 550 sites officiels auront disparu au profit d’un seul. Si la chose est peu plausible au niveau fédéral, le concept nous intéresse au niveau des politiques régionales. C’est le genre de choses vers lequel on doit tendre mais cela suppose des investissements. Le projet anglais occupe 50 personnes à temps plein, et 8 millions d’euros rien qu’en maintenance. Je citerais aussi un projet catalan faisant beaucoup plus participer les citoyens que chez nous : il s’agit d’une plateforme permettant de créer des réseaux sociaux, d’échanger des documents, d’ouvrir des forums ou des chat. Il y a un lien fort avec les citoyens qui peuvent participer activement à la définition de ce qu’ils peuvent attendre de l’administration, et même à l’attribution d’awards en la matière. Chez nous, nos E-gov Awards sont attribués par des professionnels : on est peut être un peu trop déconnecté du réel…