Par Martine DEPAUW

 

 

 

De Tournai à Hastières
Du 20 au 27/05/2017

 

Samedi 20 mai - Tournai - Wiers - 15 km.
Claire - Martine - Mathieu - (Anne)

Sur le Terrain Populaire au Quai du Luchet d'Antoing, quelques constructions de jeux en bois de palettes. Pas grand monde... C'est de là que nous démarrons.
À hauteur des fours à chaux à Chercq, un gamin nous montre « des feuilles qu'on peut pas dire ». Une économie parallèle s'installerait-elle ?

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BRÈVE DE COMPTOIR : « On ne dit pas ''putain'', on dit ''vaginalement très sociable'' ».

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Dans les plaines du bassin de l'Escaut, les moulins sans ailes se transforment en éoliennes.

 

Rencontre à Wasmes avec Germain Dufour
Pour lutter contre la pauvreté et la précarisation :
Dépénaliser la cohabitation ;
Adopter une autre politique par rapport au squat. Les aménager pour les occupants en fonction de leur culture de déstructurés. Créer du communautaire autogéré.
Réparer l'information. Exemple : 1066 personnes dans les centres fermés coûtent 273€./jour.
En vrac, il propose de retrouver la libre pensée, de faire des échanges de service spirituel et culturel, de créer des courants d'air entre les différents courants d'appartenance.

À Callenelle, la pluie nous fait rebrousser chemin pour faire une halte dans le bistrot de Jean-Marie. Le canal a été creusé entre 1958 et 1960. Jean-Marie qui a travaillé dans une entreprise comme grutier, tient le café depuis sa retraite : « Un bistrot, c'est un tribunal. C'est là aussi que tu trouves du boulot. »

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Dimanche 21 mai - Bonsecours - Hensies - 16 km.
Martine - Mathieu - (Anne)

Bonsecours la désolation quand à 8.30 nous cherchons un bistrot ouvert pour prendre un chti café.
« Ah, vous savez, on peut plus engager de personnes... On commence plus tard, de toute façon y'a beaucoup moins de monde ! ».
Le comptoir d'un café est le parlement du peuple.

Au retour, bombage du pochoir des Marches des Réparations. Monsieur Merlin qui nous observe, descend enchanté qu'ons'occupe enfin de la grille dans laquelle tout le monde roule et qui fait un bruit d'enfer. Interview de Merlin le désenchanté.

A Bernissart où nous mangeons, le marché se termine, avec seuls, ses deux vendeurs mais aucun chaland alentours : un marchand de fleurs et un italien vendant un peu de tout.

À quelques encablures, nous ne trouvons pas notre chemin et un jeune fils d'agriculteur, mécano pour machines agricoles qui n'a aucune envie de reprendre la ferme familiale nous enjoint à reprendre un autre chemin, celui que nous voulions prendre ne menant nulle part – selon ses dires -. Nous nous aventurons donc dans les pâtures (sans croiser de taureau!) et arrivés à l'entrée des Marais d'Harchies, nous ne pouvons pas traverser tant la végétation a repris le dessus. Retour vers le chemin qui ne mène nulle part... et surprise, celui-ci existe mais a été privatisé puisqu’en plein milieu, il est coupé par une clôture électrisée qui, du coup, agrandit la pâture... Ce chemin longe la frontière française, entièrement clôturée.

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Lundi 22 mai - Boussu - Quévy le Petit -18,2 km.
Marie-France - Nathalie - Martine - (Anne)

On y rencontre un vieux militant PS qui refuse qu'on l'enregistre car il a déjà suf-fisamment de problèmes comme ça. Il nous informe que de Frameries à Quévy existait un p'tit chemin pour les gens qui faisaient la route à pied mais celui-ci a été détruit. Ce sont les fermiers qui les cultivent aujourd'hui et qui les ont gri-gnotés jusqu'à les faire disparaitre. Ces derniers engagent des boites privées qui pulvérisent leurs champs sans mettre les bâches de protection, or ça cause des problèmes dans les jardins privés : tous ses lilas sont morts et il n'est pas sûr que les pommiers porteront des fruits cette année.

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Mardi 23 mai - Quévy le Petit - Peissant - 24,5 km.
Marie-France - Nathalie - Lauranne - Éric - Étienne - Martine

À Havay, nous avons rencontré Michel, prof de guitare et actuellement en préparation d'un spectacle qu'il va présenter à La Samaritaine à Bruxelles. Il donne cours à Tournai et à Mons. Dans le village, où il vit en famille depuis 4-5 ans, il ne connait qu'une seule personne.

À hauteur de Grand Reng, nous rencontrons Denis Tissot, 87 ans, originaire de Bercilly l'Abbaye. Il a été coureur cycliste en même temps que Denis Puissant qui, lui, est passé professionnel. En 1960, il a été engagé à Boussois, en France à l'usine de verre et il y gagnait 3 X plus qu'à la carrière. « On entrait à l'usine grâce au poussant ou si on y avait de la famille ».

Petite soirée chez Geneviève et Bernard du Comptoir Africain à Peissant.
Discussion avec Nora qui participe au Repair Café de Lobbes et avec Diane et Sylvain qui vivent à Erquelinnes.

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Mercredi 24 mai - Solre sur Sambre -Beaumont - 13,5 km.
Fabienne - Bruno - Léonidas - Laura -Émilie - Béatrice - Martine - (Anne)

Rencontre au Cepag à Beaumont.
Laurent nous y accueille. On y rencontre Pierre Hammo, animateur à Radio Salamandre - 105.8. Une radio qui existe officiellement depuis 35 ans et officieusement depuis 37 ans. Hassan Varice du MOC-Charleroi. Geoffrey Borgniet, conseiller communal PS. Jean Noé, retraité dans les fusées.
Discussion autour de l'éducation permanente et de l'insertion socio professionnelle et une question :
« S'intéresse-t-on vraiment aux besoins des gens ? ».
Quelques notes décousues :
Fermeture des bistrots, de 10 à 2 cafés dans un village. Trop de contrôles, trop de taxes. « Une tournée, vous retournez ! ».

À Chimay, brassage de la Notias, une bière fabriquée avec du safran grec, un projet alternatif pour soutenir les grecs.
Pierre Hammo nous parle d'Oran la superbe et de son parcours perso. Il est arrivé à 12 ans et a d'abord créé une radio à Louvain (Leuven).
Il donne sa version des « pieds noirs » et de l'origine du nom : à l'époque les maisons (biètes) étaient décorées de papier peint à motifs à fleurs (nouar). Quand on parlait des personnes qui habitaient dans ce type de maison, on les appelait les « Biète Nouar » ce qui a donné en français déformé : pieds noirs.

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Jeudi 25 mai - Beaumont - Walcourt -20 km.
Béatrice - Martine - Chantal - (Anne)

Sur la route, les lieux-dits n'ont plus de plaques pour les mentionner : Le Pachis, l'Ermitage ont-ils disparu ?

Près de Walcourt, dans un champ où des jeunes s'essaient à la permaculture avant de lâcher leur boulot, nous rencontrons Michel Charlier, dit le Viking, qui les accompagne. Une mine de connaissances en matière de potager, de permaculture, de semences et de fruitiers de toutes ori-gines. Il a plus de 200 pommiers et quelques centaines de poiriers sur son terrain.

Rencontre au CC de Walcourt où Dorothée Dujeu nous fait visiter les projets menés avec les enfants et les ados dans le parc. Décoration des lampadaires du parc avec des bandes de plastique coloré (inspiration Manu Tension).

Fidéline Dujeu quant à elle nous explique le projet mené avec les ados de Walcourt et des centres de réfugiés logés dans des communes avoisinantes ce qui avait créé de grosses tensions au sein de l'entité.
Pendant 3 mois, travail en atelier : photos – texte et vidéo. L'exposition de chacune des photos est proposée aux habitants pour une présentation aux devantures des maisons dans la grand rue de Walcourt. Tout le monde a accepté de présenter une photo à sa fenêtre.

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Vendredi 26 mai - Walcourt - Philippeville - 15,5 km.
Saïd - Olivier - Matteo - Béatrice - Claire - Anna - Mathias - Karyne - Cédric - Martine - Chantal - Gaïa - (Anne)

Rendez-vous donné à la gare de Walcourt ; là, le guichetier preste sa dernière journée puisque la gare devient un point d'arrêt ou de passage.

Rencontre, à notre arrivée à Philippeville, de quelques personnes qui travaillent au Plan de Cohésion Sociale. Là, Claude Nisot, Laure Champagne et Karl Bondroit nous expliquent leur travail et la dynamique partenariale qu'ils ont mis en place. Passionnant de sens et d'actions possibles qui marient le politique, l'associatif ainsi que le citoyen.

Exemple de réparations par rapport au logement.
14 % de la population vit dans un centre de loisirs, une stratégie ou un projet de vie. 140 personnes dans une commune de 10 000 habitants.
Le plan habitat permanent problématise ce nouveau choix citoyen. Reconnaitre cette situation. Création d'une zone d'habitat vert.

Récupération de fringues : en seconde main ; en transformation : « Les friponnes ». Proposition : dans sa garde-robes, mettre les cintres à l'envers sur tous les vêtements qui s'y trouvent. Quand on met un vêtement, on remet le cintre à l'endroit. Si après 1 an, le vêtement n'a pas été mis, le donner.Bacs en culture bio avec les écoles traditionnelles et spéciales.

Lieux pour le compostage.
Travail sur les coûts indirects, sur le TTIP, sur la cuisine sauvage, sur les agriculteurs.
Réapprendre la nature. Travail avec public fragilisé. Acquisition de compétences. Restitution de ces compétences.

Autre exemple de travail réalisé sur le fossé existant entre les médecins et le milieu du travail social. Échanges sur leurs vécus réciproques et modifications dans le fonctionnement. Combler les fossés entre les secteurs.

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Samedi 27 mai - Treignes - Hastières - 20,4 km.
Saïd - Olivier - Matteo - Béatrice - Claire - Anna - Mathias - Karyne - Cédric - Martine - Chantal - Jean-Luc -François - Marie - Gaïa - (Éric)

« C'est en se plantant qu'on fait ses racines ».

Visite des jardins qui jouxtent la gare de Treignes.
Rencontre avec Sophie Hubert – PAC Dinant – Philippeville.
Laurence Pirmez – Repair Café de Couvin – Viroinval – Petigny.
Discussion avec Laurence qui explique une animation, le débat mouvant.
Une phrase doit être débattue :
« Pour faire démarrer l'autonomie, il faut consommer à tout va ! ».
D'un côté : les pour, de l'autre : les pauvres. Ce sont mes lapsus de ce jour-là !

Il faut lire bien sûr : « Pour faire démarrer l'économie, il faut consommer à tout va ! »
D'un côté : les pour, de l'autre : les contre.