Le processus de supervision prend en compte les enjeux institutionnels, les spécificités de l’environnement des professionnels et les caractéristiques des bénéficiaires auprès desquels ils travaillent. Le processus se base aussi sur l’expérience des participants, leurs attentes et leurs besoins (individuels, collectifs).
Les séances seront systématiquement ancrées dans la pratique et les réalités des professionnels de terrain. Cette méthodologie qui s’appuie sur les besoins spécifiques des participants favorise la mise en pratique lors du retour sur le terrain (transfert des acquis dans les pratiques quotidiennes). Le fait d’impliquer les participants et de les rendre acteurs dans l’élaboration de leur programme de développement professionnel les sensibilise, les responsabilise et augmente les bénéfices de la supervision.

En début du processus, chaque participant sera invité à préciser ses attentes.
A partir des situations professionnelles amenées par les participants, une lecture systémique sera mise en œuvre à travers une méthodologie spécifique qui comprend les points suivants :
• Topographie du système
• Affiliation et outils d'affiliation
• Les programmes officiels et constructions du monde
• Travail sur les règles implicites
• Hypothétisations systémiques
• Premières actualisations

• Outils d'actualisation systémique :
Génogrammes paysagers en transparence...
Objets flottants (La chaise vide, les blasons, le jeu de l'oie systémique, le conte
systémique, les masques, les sculptures, les faisceaux, bouts de ficelles et territoires,
le totem, Le village systémique dynamique, la roue systémique...) ;
• Circulariser au moyen des objets flottants
• Evaluation et évolution du système d'intervention
• Installation d’un processus d’intervision autonome
• Contenus complémentaires :
Entre résonances et résilience
Travail avec les familles des usagers
Accompagner un processus de deuil
Les positions perceptuelles
Les systèmes de loyautés
La violence institutionnelle
Ecologie de l’intervention
La réciprocité transformatrice
La compétence des systèmes

 

Le processus de supervision est interactif et participatif dans une dynamique où chacun se verra proposer les 3 étapes :
1- A partir d’une situation issue de pratique de terrain des participants, il leur est proposé de vivre
des exercices, individuel, en sous-groupe ou en grand-groupe
2- Analyser ce vécu et l’articuler à la théorie sous-jacente
3- Réfléchir et décider des transferts des acquis par rapport à la pratique professionnelle et ses
référents, élaborer des hypothèses systémiques et des stratégies d’intervention.


Déroulement des supervisions

Les séances :
Dans la première séance :
• Présentation des participants à travers un outil systémique.
• Retour sur les attentes des participants, mise en place d’un cadre de confiance et de sécurité
permettant à tous de s’impliquer dans le travail.
• Choix d’une situation de terrain et analyse selon la méthodologie présentée ci-avant.
Les cinq séances suivantes seront centrées selon la méthodologie présentée sur les situations
issues de la pratique professionnelle des participants.
La dernière séance comprendra aussi un temps d’évaluation du processus.

Procédure d’évaluation
L’évaluation du processus s’inscrit dans deux pôles :

1 - L’évaluation durant la supervision
L’évaluation est constante durant tout le temps de la supervision et des moments spécifiques sont prévus systématiquement en démarrage de chaque séance (les tapis rouges). De plus, chaque participant peut à tout moment activer ce tapis rouge s’il le désire.
Les tapis rouges peuvent porter :
• sur le questionnement des contenus abordés
• sur le déroulement et l’amélioration du processus de supervision
• sur des aspects interpersonnels
• sur la rencontre des attentes et des besoins des participants
• sur l’adéquation avec les objectifs fixés au départ

2 - L’évaluation en fin du cycle
Le dernier module est centré sur la question : « Avons-nous trouvé ce que nous sommes venus chercher en supervision ?
• Si non, qu’est-ce qui a manqué et comment rencontrer ce manque ?
• Si oui, quelles évolutions envisageons-nous dans le futur ? »


Référents théoriques

Nous nous situons dans une approche socioconstructiviste basée sur l’approche systémique.
La systémique par l’accent qu’elle met sur les différents acteurs en présence, la multiplicité des contextes d’intervention et leur complexité, la vision circulaire et interactionnelle, la priorité mise sur les relations ici et maintenant, offre des clefs de lecture et d’intervention pertinentes pour les intervenants psychosociaux.
L’approche systémique permet de questionner nos contextes d’intervention, la pertinence de nos actions, notre place en tant qu’intervenant au sein des systèmes d’intervention tout en mettant au centre du travail les compétences présentes dans le système tant chez les familles et les jeunes que chez les intervenants et dans les institutions.
L’intervention systémique, s’appuyant sur les ressources du système et sur une vision constructiviste de la réalité crée un contexte où du changement peut apparaître, nous ouvrant de ce fait à de nouveaux possibles et faisant des intervenants et des bénéficiaires les acteurs de leur évolution.

Des apports théoriques seront donnés en lien avec les situations abordées, ils s’appuieront notamment sur :
• L’analyse systémique et la thérapie familiale s’appuyant sur la deuxième cybernétique et le principe d’autoréférence développé notamment par Mony Elkaïm
• La méthodologie d’intervention systémique et les outils analogiques développés par J. Pluymaekers
• Le travail avec des objets flottants selon Y.Rey et Ph. Caillé et développé dans notre pratique
• Les modèles d’intervention sous-contrainte élaborés par Guy Hardy
• Le concept de résonnance Mony Elkaïm, la compétence des familles de Guy Ausloos, le concept d’adolescent mutant de J-P Gaillard et l’activation des ressources du système, l’approche constructiviste, la pensée complexe et la modélisation,…