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Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit l'horizon, 
Je partirai. Longtemps, vers lui, mes pas me guideront.

Par mes rues grises, leurs avenues verdoyantes,
Je marcherai la tête haute et le cœur battant.

J'aurai du temps pour réfléchir,
Quel sombre passé ! Quel plus bel avenir ?

Je verrai mes ancêtres, venus les fers aux pieds,
Servir des hommes, épris de liberté.

J'apercevrai Rosa, qui dire non avait osé,
J'entendrai Martin, mort d'avoir trop rêvé.

Esclavage, injustice ou ségrégation,
Toujours, nous filons du mauvais coton.

J'irai sans haine et sans reproche,
C'est pour tous qu'un monde meilleur approche.

Il nous faudra tenir, il nous faudra du temps,
Il s'agit d'un homme et non du tout-puissant.

Un être simplement, juste comme vous et moi,
Encore un nègre pour certains, de la Floride à l'Illinois.

Demain, son unique présence,
Sera pour des millions, une folle espérance.

Sous le soleil de midi, au Capitole j'arriverai, 
Et c'est à tout rompre que je l'applaudirai.

 

1. Je me permets d'emprunter le titre et une partie de la première strophe à ce poème de Victor HUGO, écrit le 3 septembre 1847 et édité en 1856 dans le recueil " les Contemplations ". L'auteur y raconte sa peine faisant suite à la mort de sa fille, Léopoldine, noyée dans la Seine avec son mari peu après leur mariage.