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Quels constats tirer de cette étude ? Tout d’abord, que si Internet n’a pas en soi une dimension révolutionnaire, il révolutionne en tout état de cause les modes de communications. Il s’agit d’un média riche pouvant servir de formidable chambre d’écho à des engagements et des combats, et  favoriser des coopérations décentralisées à l’échelle globale. La viralité du réseau n’est plus à démontrer. A ce titre, il intéressera tant les militants que les dictateurs, tant les partisans de la liberté d’expression que les censeurs. C’est pourquoi il est crucial de défendre les libertés numériques. Internet est le média qui se prête le plus au suivi et au contrôle des usages et des accès à l’information, au fichage et au flicage. C’est pourquoi il faut militer pour le droit à l’oubli numérique. C'est pourquoi il faut organiser des veilles citoyennes (et vive les réseaux sociaux !) autour de thématiques telles que la censure Internet, la cyber­surveillance, le stockage et le traitement des données  et usages personnels par des tiers.

 

Défendre la neutralité du Web
Il faut aussi défendre la neutralité du Web. Le mouvement en faveur des logiciels libres est né dans les années 80, pour préserver un espace de liberté qui avait disparu : celui du partage et de la maîtrise d’outils informatiques. Celui de la transparence et de la facilité d’accès au savoir. Depuis, il y a eu le lancement des Creative Commons, les « licences de culture libre ». Il y a  les livres libres, les films libres, la musique libre. L’enjeu est majeur : avec les applications propriétaires, fermées, un  petit groupe, de plus en plus restreint, souhaite pouvoir décider de la façon dont s’organise non seulement la production de l’information –c’est le contrôle des réseaux­ mais aussi la diffusion de l’information et de la culture. A des fins économiques et idéologiques. Les logiciels libres, le Net libre doivent être défendus pour leur logique de mutualisation transparente.

 

Combattre le projet Cispa
En même temps, le développement des outils d’anonymisation et des solutions de cryptographie doit être encouragé et les projets appelant à institutionnaliser le contrôle des échanges comme Sopa, Acta et Cispa doivent être combattus. Il faut encore favoriser une éthique de la navigation et dénoncer les  escroqueries et les fraudes en ligne, qui rendront les citoyens plus enclins à accepter d’utiliser des  appareils et des réseaux verrouillés, pouvant être utilisés aussi bien pour les contrôler que pour les protéger.

 

Education aux médias
Il faut œuvrer à ce que le plus grand nombre d'internautes maîtrisent la grammaire du Web. C’est à cette condition qu'Internet conservera sa capacité à amplifier les actions de terrain sur toutes les scènes médiatiques des mondes réels et virtuels. C’est comme cela que l’activisme en ligne pourra appuyer le militantisme traditionnel. Et fournir des espaces de communication et d’échanges à des militants 2.0 qui pourront, un jour ou l’autre, passer de la souris à la plume, de l’écran à la rue.